Lieutenant Canadien

12/08/1918 : A déjeuner, nous avons eu un lieutenant canadien qui nous a fait rire comme des fous. Nous en étions malades (…) Le canadien était là à dîner, il nous a encore bien fait rire. Il nous a invité à aller déjeuner dans son camp qui se trouve à 4km d’ici. Nous serons servis par des noirs et nous mangerons de la cuisine noire. Cela va être tordant. Nous nous faisons une fête d’y aller.

14/08/1918 : Hier soir, le lieutenant Canadien est venu nous voir (…) Nous avons encore bien ri ! Je voudrais que tu sois là, mon Loul, tu en serais malade de l’entendre ! Il nous a fait des imitations de « petit oiseau » et de « petite moutonne ». Nous en sommes malades (…) Le lieutenant est beaucoup plus gentil et surtout beaucoup plus distingué que le Capitaine. Il nous a invité à aller passer nos vacances au Canada (…) Il a bu hier à notre prochaine union. Il est très gentil. Il nous a dit qu’il avait le cafard. « Pas vu mon femme depuis 2 ans, c’est long. » En effet, je comprends ça. Il nous a montré sa photographie ainsi que celles de ses enfants, un petit garçon et une petite fille. Il ne retournera chez lui qu’une fois la guerre finie. Aussi, il s’ennuie beaucoup. M. Sevette l’a invité à venir à Paris. Aussi il est très content.

 15/08/1918 : Nous allons certainement boire un peu de liqueur de dame. Hoh ! lolo ! (prononciation du lieutenant canadien). Nous ne pouvons plus dire 2 mots sans ajouter hoh lolo !!!