Pierre Delplancq

Pierre Delplancq est né en juillet 1914 à Nantes. Il est le fils de François Delplancq, un tailleur, et de Jeanne Randier (une amie de Suzanne Sevette).

En octobre 1918, il passe quelques jours à Paris chez les Sevette avec sa mère. Il a alors 4 ans.


02/10/1918Jeanne Randier est arrivée hier soir à 9h avec son petit (…) Nous sommes déjà très amie ensemble et je suis tout à fait camarade avec son petit. Il ne me quitte plus. Suzanne lui a donné une petite voiturette du grenier, aussi il est à la joie. Depuis ce matin, il est dans notre chambre et ne veut plus me quitter. Il a fallu que je le traine dans sa voiture. Après, j’ai été forcée de le mettre dehors pour m’habiller. Ce polisson voulait rester là. Il est très drôle. En ce moment, je ne peux même pas écrire tant il me fait des misères. Il m’a chipé mon chapeau et se promène avec. Après, il m’a pris ma peau de polissoir et l’a mise dans le caniveau. Ensuite, il m’a fait des dessins sur mon enveloppe avec un crayon. Quel démon. J’ai été obligée de l’envoyer dans la chambre de Suzanne après lui avoir promis que je l’appellerai aussitôt que j’aurai fini. Décidément, je plais aux gosses, chaque fois que j’en ai près de moi, c’est après moi qu’ils en ont.

05/10/1918 : Il n’y a qu’avec le petit de Jeanne  que le Capitaine Hood n’était pas camarade. Pourtant, que de bêtises il lui a fait. Il faisait absolument le clown. Il n’y a que sur le soir que le ménage allait mieux. Il lui avait donné une belle pièce anglaise. Aussi, comme cela lui avait fait plaisir, il lui donnait la main dans la rue.

06/10/1918 : Les moustiques m’ont laissée tranquille cette nuit. Ils se sont rattrapés sur le petit de Jeanne. Il a une figure toute boursoufflée ! Nous sommes toujours très camarades. De plus en plus. il m’a déclaré que je lui plaisait beaucoup, que j’étais jolie et qu’il m’aimait beaucoup. Heureusement qu’il n’a pas 20 ans de plus.

07/10/1918 : Nous avons fait un peu de musique après le dîner. Le Capitaine  chante tellement fort que le petit de Jeanne se bouchait les oreilles !!!

16/10/1918 : Tout le monde va bien ici. Jeanne et Pierrot sont toujours avec nous. Nous sommes toujours très amis. Pierre est polisson comme tout. Il dit à ton père : « Ça va bien, mon vieux ? » ou « Est-ce que tu prends de la gnôle ce soir ? » Il nous amuse beaucoup.