Lieutenant belge

26/06/1918 : Ton père vient de rendre service à un lieutenant belge. Il lui a procuré une hélice allant sur un gotha qui a été capturé intact dernièrement dans les Flandres. Pour cette hélice, il s’est dérangé plusieurs fois pour aller à Villacoublay. Pour le remercier, le lieutenant lui a dit qu’il allait faire tout son possible pour te faire venir quelques temps à cet endroit. Ayant pas mal de relations, il espère y arriver. 

29/06/1918 :  Madame Sevette. Elle m’a dit que Monsieur Sevette allait faire tout son possible pour que ça réussisse avec le lieutenant belge

02/07/1918 : J’ai vu Monsieur Sevette hier. Il m’a parlé du lieutenant belge en question. Il venait justement de venir le voir. Il lui a dit que ça serait très difficile, vu que l’on prenait que des aspirants ou des sous-lieutenants et qu’avant de te faire passer là, il faudrait te faire passer à l’arrière. Il prétend que cela demandera bien 1 mois. Cela ne fait rien si ça réussit. N’est-ce pas mon Loul ? Il disait à ton père : « Vous comprenez, si c’était facile, cela serait plus drôle d’être là. Ces places-là sont recherchées maintenant. » Il a ajouté : « Le capitaine est très strict et ne donne qu’un jour de permission par semaine. » Je m’en accoutumerais bien ! A côté, dans ce moment, cela me semblerait très bon. Et toi mon Loul ? Qu’en dis-tu ?

10/07/1918 : Samedi dernier, le lieutenant belge est venu voir ton père, mais il ne l’a pas trouvé. Et pour cause, Monsieur Sevette avait été le voir à Villacoublay. Ça fait qu’ils se sont croisés. Je me demande s’il avait quelque chose de bon à annoncer !

18/07/1918 : Comme je voudrais te savoir à Villacoublay en ce moment. Je trouve ces démarches vraiment longues et j’ai bien peur que ça n’aboutisse à rien. Avant-hier, j’ai demandé à ton père s’il avait des nouvelles à ce sujet. Il m’a dit qu’il avait revu le lieutenant. Maintenant, qu’il ne fallait pas se faire d’illusions, ça serait très long.