Il faudrait que la guerre finisse bientôt !

Le 11 Juillet 1917

Mon petit Loul aimé,

Aujourd’hui, je t’écris un peu tard (17h). Je voulais le faire tout de suite après déjeuner, mais la femme de ménage faisait tellement de poussière que je suis partie travailler chez la couturière. Je viens de remonter à l’instant. A présent, je peux respirer.

J’ai un peu moins le cafard aujourd’hui malgré tout, ce n’est pas encore ça. Je pense à toi bien tristement. Je crois qu’à la prochaine permission, je ne pourrai plus te quitter du tout. Aussi, il faudrait que la guerre finisse bientôt ! Et toi, Loul, que deviens-tu ? J’espère que tu n’as pas trop le cafard. Ici, toujours même situation. Pas un mot depuis l’incident de la suspension. C’est folichon ! On ne reparle plus vacances maintenant.

Je suis en train de penser que Loulou s’est aperçue de son petit compte d’apothicaire. Cela l’a bien amusée. Nous avons bien ri. Elle s’en est aperçu le soir même et s’est douté que ça ne pouvait être que toi. Elle dit que les « chichis » étaient mal trouvés car elle n’a pas de faux. C’est exprès !!!

Là-dessus, je te quitte mon grand gosse pour aller vivement à la poste.

En espérant avoir de tes nouvelles demain et en espérant que tu es toujours en bonne santé, je t’envoie mon Coco chéri de bien tendres baisers de celle qui t’adore,

Mino

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