Nounou

Marie-Louise Penhouet est née en 1869 à Caudan en Bretagne. A 20 ans, elle donne naissance à un fils, Théodore-Yves qui meurt à l’age de 4 mois.CI nounou

Surnommée Nounou, elle a été la nourrice des enfants Sevette : Suzanne, Lucien et Pierre, son chouchou. Les enfants ont grandi, mais Nounou est restée au service de la famille.

Suzanne Sevette, Nounou et Lucien Sevette vers 1897
Suzanne Sevette, Nounou et Lucien Sevette vers 1895

27/06/1917 : Pauvre Lou ! Un rat sur toi !!! Cela m’a mise en rage !!! Sale bête. Il n’y a rien qui me dégoute comme ça, autant faire, j’aime mieux je crois les moustiques. Quand je verrai Nounou, je lui dirais qu’il faut qu’elle t’envoie Toto.

12/08/1917 : Hier, j’ai bien ri, j’ai fait enrager Nounou. Je lui ai dit que ce n’était pas chic de laisser abîmer ta canne comme ça, qu’elle pourrait bien la ranger, et l’astiquer puisqu’elle aime tant voir briller tout. Elle m’a dit : « Vous voudriez tout de même pas que j’astique sa pomme. J’ai assez des boutons de porte. » J’ai répondu là dessus que je ne m’essuierais jamais les pieds avant de rentrer. Tu parles si elle était contente, cette pauvre Nounou !!!

20/11/1917 : J’ai été chez toi hier et j’ai passé une assez bonne après-midi. Nounou a ronchonné après toi parce que tu avais oublié de lui dire au revoir, aussi j’ai bien vite réparé l’oubli en l’embrassant sur les deux joues. Elle m’a dit : « Au moins, vous, vous êtes plus chic que votre fiancée. » Je proteste énergiquement, car cet oubli est un peu de ma faute, puisque tu t’es dépêché pour être plus vite près de moi.

23/04/1918 : Au goûter, nous avons couru l’une après l’autre et pour ne pas qu’elle m’attrape, j’ai été me réfugier dans la cuisine, au grand scandale de Nounou ! Pense, j’avais fait peur à Toto qui n’osait plus bouger.

25/06/1918 : J’ai été chez toi hier. Si tu avais été là, tu aurais bien ri. J’ai fait un magistral point de chute par terre dans le salon. J’étais en train de me disputer avec Nounou, j’étais assise sur un bras de fauteuil. Ce dernier a basculé et Mino a été faire « Eh-allez-donc-c’est-pas-mon-père » par terre. Ç’a été le fou rire général. Qu’est-ce que mon pauvre…postérieur a pris ! Aujourd’hui, j’ai tout le côté endolori, depuis l’épaule jusqu’au genou. Une autre fois, je me rappellerai que Nounou astique trop bien son parquet  et je ferai attention. 
Tu ne sais pas pourquoi on se disputait ? Eh bien Nounou disait que lorsque tu étais petit, tu étais laid. Tu penses si j’ai protesté. Pour me faire encore plus bisquer, elle a ajouté : « Maintenant encore, du reste. Pierre est bien mieux que lui. » Bien sûr, Pierre est encore mieux puisque c’est son chouchou. Quelle Nounou !!!

09/07/1918 : Ce que Nounou a ronchonné hier. Elle répétait tout le temps : « Oui, il n’a jamais de chance Pierre ! Il vient pas souvent. On lui donne des vieux haricots et des vieilles pommes-de-terre à manger. On lui a enlevé son argent. Pauvre petit, il est bien malheureux. »

18/07/1918 : Madame Schwab a le « cahouchou » de Nounou. C’est comme ça qu’elle appelle la plante du salon. Loulou m’a raconté le déménagement de Toto et des plantes dans la camionnette. Ça devait être tordant. Nounou était assise dans la caisse du camion et elle tenait son « cahouchou » sur ses genoux. Les autres plantes étaient à côté d’elle. Monsieur Sevette  et Suzanne étaient devant. Suzanne tenait Toto dans un panier bien ficelé car on craignait qu’il se sauve. Tu vois d’ici ce tableau !