J’attends 4 heures

Germaine utilise l’expression « 4 heures » pour parler de ses règles. C’est à partir d’août 1917 que Germaine en parle dans ses lettres… quasiment tous les mois. Elle voit régulièrement le médecin qui lui prescrit du sang-de-cheval.

Lorsqu’il est question de fixer la date des permissions de Lucien, ou bien du mariage, Germaine fait attention que ça tombe bien, « Tu sais pourquoi ».


 

02/08/1917 : Je vais tout à fait bien car il y a plusieurs jours que j’ai passé 4 heures. C’était le 30 ! Ai-je compris ? Et c’était cela que tu voulais dire ?

20/09/1917 : D’un autre côté, je suis bien ennuyée, car j’attends pour le 22, et si tu viens tout de suite, ça tombera mal. 

22/09/1917 : Je resterais bien encore à t’écrire, mais je suis très fatiguée. Bien que 4 heures soit passé depuis un moment puisqu’il est 9h½, je ne me sens pas très bien et je ne demande que mon lit. Après une bonne nuit, il n’y paraîtra plus. Après quelques jours de cette petite vie-là, je n’aurai plus qu’à attendre mon petit Loul bien tranquillement. Je ne m’étais pas trompée dans mes comptes, c’était bien le 22.

21/10/1917 : Pour aller chez le médecin, j’attendais….. car c’est avant la fin qu’il faut prendre pendant 1 mois certaines gouttes qui font parait-il beaucoup de bien. Comme c’est de ce matin seulement, j’irai sûrement cette semaine. J’ai été encore assez malade, aussi je ne voudrais pas que ça continue. J’attends avec impatience 4 heures. De cette affaire-là, je reste à la maison bien tranquillement.

17/12/1917 : Petit Loul, il ne faudra pas m’en vouloir si je t’ai désobéi et si je me suis fait du mauvais sang. Et je t’assure que je m’en suis fait !!! Voici pourquoi. Ma date était passée et je ne voyais toujours rien venir. Aussi, j’avais un de ces cafards ! Depuis Vendredi, je ne dormais plus. Enfin, ce matin, à mon réveil, j’ai été complètement rassurée. Heureusement, car ça n’allait pas du tout. Hier, je voulais t’en parler, mais pensant t’occasionner des ennuis, je n’ai rien dit. J’en suis bien contente, car je ne veux pas que mon petit Loul se fasse du mauvais sang inutilement.
PS : Vivement 4 heures !!!!……………..

18/12/1917 : Aujourd’hui, ça va mieux qu’hier. J’ai été malade quelque chose de pépère ! Mon médicament ne m’a rien fait du tout ce mois-ci ! Aussi, lorsque je verrai le médecin, je lui en raconterai pour 2 sous. Heureusement, j’ai bien dormi, aussi ce matin, ça allait plutôt mieux.

31/12/1917 : Petit Loul, si tu viens le 20, ça tombera, je crois, assez bien. La dernière fois, c’était le 17, mais avec assez de retard. Cette fois-ci, je compte au plus tard le 14. Ce qui fait que le 20, ça sera fini, tout à fait fini. Es-tu rassuré et comptes-tu toujours venir le 20 ? Ça me ferait mal au coeur si tu reculais ta permission d’un tour à cause de moi. 

13/02/1918 : Aujourd’hui, je ne suis pas très bien…….. enfin 4 heures n’est pas bien loin. Maintenant que je suis rassurée, je peux te dire que je n’ai pas été bien du tout la semaine dernière, j’ai eu très mal dans le ventre, aussi je n’en menais pas large du tout. Maintenant ça va mieux, c’est une façon de parler, car ça ira tout à fait bien lorsque ça sera passé. Malgré tout, je vais me remettre au petit régime que j’avais suivi, car j’ai été trop malade.

14/03/1918 : Aujourd’hui, je suis raplapla. Je voudrais bien qu’il soit 4h. Avec ça, il faut que je sorte (…) Ça ne me dit rien. J’ai rendez-vous à 1h½. Aussi il faut que je me dépêche et cela ne me va pas lorsque je suis patraque. Enfin, j’espère que les sales boches nous laisserons encore tranquille ce soir et que je pourrai bien dormir.

11/05/1918 : Depuis ce matin, je suis toute raplapla. Si seulement j’avais mon gosse de gosse chéri près de moi, je suis sûre que je ne serais pas si malade. Quatre heures ne va pas tarder, et je me sens toujours pas à mon affaire. Après une bonne nuit, il n’y paraîtra plus. Ce n’est pas très grave

05/07/1918 : Roudoudou aujourd’hui est patraque et pour cause, elle attend 4 heures avec impatience ! Heureusement, ce n’est pas grave, et après une bonne nuit sans gothas, ça ira bien mieux.

27/09/1918 : En remontant, j’ai constaté avec plaisir que j’étais indisposée. Jusqu’à présent ça a l’air d’aller. Je vais prendre du cheval afin de ne pas me fatiguer.

14/10/1918 : Tant qu’à la date pour venir te voir, ça sera probablement pour les premiers jours de Novembre. Plus tôt, je ne peux pas, tu sais pourquoi. 

16/10/1918 : Je pense partir le 31 Octobre ou le 1er Novembre, cela dépendra de la fin de ce que tu penses. Aussitôt terminé, je partirai.

24/10/1918 : D’ailleurs, je ne sais pas si j’aurais pu partir le 31 ou le 1er. Je suis déjà en retard d’un jour !