L’Homme à la cagoule, 10e épisode

Le 9 Mars 1919

Mon petit Loul Aimé,

J’ai reçu ce matin ta mignonne lettre du 7. J’ai été plutôt étonnée en apprenant que l’on ne parlait plus de déménagement pour vous. Vraiment, c’est à n’y rien comprendre. Vivement le mois prochain. Ils feront là ce qu’ils voudront, comme tu seras en permission. Ils ne te laisseront pas à ne rien faire.

Ici, il fait vilain aujourd’hui. Je me suis levée ce matin à 9h. Il faut dire qu’hier soir, nous avons joué aux cartes assez tard. J’ai perdu 1f30. Ce n’est pas tous les jours fête ! Avant-hier, j’avais gagné plus de 2f. Je n’ai pas à me plaindre.

Papa est très enrhumé. Hier soir, il ne pouvait donner les cartes tant son nez coulait. Le docteur est venu voir Maman hier. Il la trouve toujours pareil. Il lui a permis de manger de la purée et de la viande hachée. Ce matin, j’ai été faire le marché, cela m’a rappelé mon jeune temps !

J’espère petit Loul que mon petit journal te distraira un peu et qu’il te trouvera en bonne santé. Dans cet espoir, je te quitte en t’envoyant mes plus gentils baisers et mes plus douces caresses.

Ta petite gosse qui t’adore,

Mino


Petit Loul, avant de m’endormir, je vais te conter l’Homme à la Cagoule.

Ça commence cette fois-ci, dans le repaire de l’homme à la cagoule. Il a réuni ses affiliés et les traite de belle façon ! Il est furieux de savoir Gersham encore en vie après la tentative d’empoisonnement complotée contre lui et mise à exécution par la fausse nurse. Il fait beaucoup de grands gestes selon son habitude.

Homme à CagouleIl menace Catt, l’ancienne femme de chambre de Miss Pearl de lui faire son affaire si dans les 24 heures elle ne lui a pas livré Miss Waldon. Il menace également John de la même façon. John est celui que Miss Pearl voulait faire parler dans le cabaret mal famé.

Ils s’en vont donc tous les deux, Catt et John, terrifiés de la menace de leur « patron » et vont au cabaret mal famé. Ils s’installent à une table et discutent le coup. Là, on fait connaissance avec un nouveau personnage, le docteur (je ne me rappelle plus son nom) qui est un homme de certaine valeur, mais que les malheurs ont réduit à la pauvreté et à l’ivrognerie. On le voit à table devant un verre, il a l’air très triste et plongé dans une méditation douloureuse.

Catt qui le connait lui adresse la parole et lui demande la cause de cette grande tristesse. Il vient s’installer près d’eux et se met à raconter que sa fille qui a tué son amant et qui est en prison depuis plusieurs mois, vient d’être jugée et condamnée à mort. L’exécution aura lieu dans une dizaine de jours. Il est désespéré car il voudrait pouvoir sauver sa fille de la mort. Il leur montre le journal, sur lequel il vient de lire la terrible sentence et la photographie de sa fille qui a 20 ans.

Quelle n’est pas la stupéfaction de Catt (et celle des spectateurs) en voyant le portait frappant de Miss Pearl. C’est à s’y tromper ! Tout de suite, il lui vient une idée : tâcher de mettre Pearl Waldon à la place de la criminelle. Elle lui dit de ne pas se désespérer, de reprendre courage, qu’elle a peut-être un moyen de sauver sa fille et de se débarrasser à tout jamais de Miss Pearl. Elle lui dit de l’attendre, qu’elle va revenir de suite.

Elle va vite trouver l’homme à la cagoule et lui raconte ce qu’elle vient d’apprendre et son projet. Le « patron » est content. Il ne reste plus qu’à chercher le moyen d’attirer Miss Pearl à la prison et de la mettre à la place de la fille du docteur.

Le « patron » fait venir le docteur et lui dit d’aller mettre sa fille au courant. On voit alors la prisonnière dans sa cellule, c’est bien le portrait frappant de Miss Pearl (c’est elle-même qui fait les deux rôles). Elle est habillée en costume de prisonnière, une grande robe rayée. On l’a voit se lamenter. Elle a un petit calendrier et elle efface chaque jour un chiffre sur le calendrier. Elle est terrifiée de voir qu’il ne lui reste plus que 10 jours à vivre. Elle a un affreux tic, ce qui la change de Miss Pearl. Elle a une crise de larmes et le gardien a grand mal à la faire taire.

Sur ces entre-faits, son père arrive. Le pauvre homme est bien peiné de la voir dans un état pareil. Il la console un peu en lui racontant que l’on va essayer de la sauver. Il ‘la met au courant du projet. Et lui dit : « Lorsque tu verras la jeune fille en question qui doit prendre ta place, tu la supplieras de venir te voir la veille de ton execution, nous nous chargerons du reste. » Elle se révolte et dit que jamais elle n’acceptera pareil crime. Son père la supplie, au nom de sa grande affection pour elle, d’accepter. Elle finit par consentir. Et on en reste là de ce côté.

Ensuite, nous sommes au château. Gresham est encore couché. Miss Pearl est à son chevet. Il va tout à fait bien à présent. La vraie nurse est toujours là et le soigne toujours avec dévouement Miss Pearl parcourt distraitement un journal et est très surprise de voir son portrait figurer au milieu d’un article. Elle regarde attentivement et s’aperçoit que ce n’est pas d’elle qu’il est question, mais d’une jeune fille qui lui est toute semblable. Elle est toute surprise et veut absolument aller la voir pour se rendre compte elle-même de la ressemblance et pour lui adresser quelques paroles d’encouragement.

La voilà donc partie. Elle arrive chez le gouverneur qui la prend pour sa prisonnière. Elle s’explique, dit quel est et le motif de sa visite. Aussitôt, on lui donne l’autorisation. Un gardien la mène à la cellule de la condamnée à mort. Là, le film est pris de telle façon que l’on ne les voit jamais de face toutes les deux ensemble. Miss Pearl est à la porte de la cellule et la condamnée derrière les grilles de sa prison. Miss Pearl encourage la fille du docteur et lui dit qu’elle va demander sa grâce au gouverneur. L’autre lui fait promettre que même si elle ne l’obtenait pas, qu’elle vienne la voir une dernière fois, la veille de son exécution. Miss Pearl promet et s’en va. Le gardien qui est un affilié à l’homme à la cagoule va prévenir son patron de la visite de Miss Pearl. Leur plan est arrêté lorsque Miss Pearl viendra voir une dernière fois la prisonnière, le gardien l’enfermera à sa place.

Huit jours se passent. Gresham est tout à fait remis. Miss Pearl, pour fêter sa guérison a organisé une partie en mer. Mais avant de partir, elle veut aller voir la jeune prisonnière. N’ayant pu obtenir sa grâce, elle veut tenir sa promesse. Ça se passe la veille de l’exécution. Elle rejoindra aussitôt après Gersham qui l’attend sur le bateau. La voila donc partie. Elle arrive chez le gouverneur, juste au moment où le docteur sort de la prison. Il a l’air navré et cache ses yeux dans son mouchoir. Le gouverneur lui dit que les veilles d’exécution, les parents seuls sont admis auprès des condamnées, mais que pour elle, il passerait sur cet ordre.

On introduit donc Miss Pearl auprès de la prisonnière. A peine est-elle près de la grille que le gardien bondit sur elle avec un tampon de chloroforme et la bâillonne en un rien de temps. Il ouvre la porte de la cellule et dépose Miss Pearl inanimée aux pieds de la prisonnière qui se charge de la déshabiller et de prendre ses affaires. A la place, elle lui met sa blouse rayée. Ensuite, le gardien la fait sortir et le gouverneur en la voyant passer ne se doute de rien.

Elle sort et va rejoindre son père, mais elle n’a pas l’air satisfaite. Elle a des remords. Miss Pearl est toujours inanimée dans la cellule. Ça se passe ensuite le lendemain matin. Gresham qui est toujours sur le bateau commence à s’inquiéter. Enfin, il aperçoit Pearl sur le port, mais elle n’est pas seule. Un homme l’accompagne. Il quitte le bateau et tout doucement, s’approche d’eux. Quel n’est pas son désespoir d’entendre l’homme dire à la soi-disant Miss Pearl : « Pourquoi, depuis ta sortie de prison, tu ne me parles pas, tu n’as plus rien à craindre, puisqu’à 10h, cette Pearl Waldin prendra ta place. Personne ne le saura. »

Gresham n’en entend pas davantage. Il regarde sa montre : il n’a plus que 10 minutes pour sauver Pearl. Il saute dans une auto et se fait conduire à la prison. Pendant ce temps, on voit Miss Pearl qui se réveille. Elle a grand soif, un verre est près d’elle, elle boit avidement. Le gardien avait pris la précaution auparavant d’y introduire un narcotique. Un prêtre vient près d’elle. Elle est comme dans un rêve et se laisse docilement conduire à la chaise d’exécution. On lui attache les poignets et les chevilles au fauteuil. On lui met la calotte sur la tête et au commandement de 3, la décharge électrique fait son oeuvre. Gresham, à ce moment là, arrive dans la cour de la prison. On ne veut pas le laisser passer. Il montre une certaine médaille. Là, on le laisse passer, mais hélas, il arrive trop tard. Il arrive juste pour voir Pearl morte.

Son désespoir est terrible, il pleure et crie : « Pearl, ma pauvre petite Pearl. » A ce moment, le gouverneur le rassure et lui dit : « Ce n’est pas Miss Pearl Waldon que vous avez sous les yeux, c’est bien la fille du docteur. Elle est venue hier soir me trouver et me raconter tout. Elle avait trop de remords. Miss Pearl Waldon est en vie, vous la trouverez sans doute au château. »

Là, on revoit la soi-disant fille du docteur avec son père toujours sur le port. Un détective s’approche d’eux. Aussitôt, Miss Pearl, car c’était bien elle, sort un revolver et le braque sur le docteur. Celui-ci se laisse arrêter sans bruit.

J’ai oublié de te dire qu’au sortir de prison, la soi-disant fille du docteur avait été emmenée par son père au repaire de l’homme à la cagoule. Celui-ci est heureux comme tout : maintenant que Pearl n’existe plus, il va pouvoir prendre toute sa fortune. Il charge donc la fille du docteur de prendre sa place. Personne ne se doutera de cette mystification. Il lui dit d’aller au château et d’attendre ses instructions. Voilà donc la fille du docteur (qui n’est autre que la vraie Miss Pearl) partie au château. Elle retrouve Gersham et lui raconte qu’il va falloir jouer serré, que l’homme à la cagoule la croit morte. Et ça s’arrête là.

La suite s’intitule : « Le Masque tombe. » C’est sans doute la fin. Nous irons Jeudi prochain, Marie-Louise et moi voir la suite. Elle a continué à la voir et ça l’intéresse.

 

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