Respirer l’air de Roissy.

Le 28 Juillet 1918

Mon petit gosse de gosse chéri,

J’espère que tu as passé une bonne nuit dans ton dodo et que tu étais réveillé à l’heure.

Ce matin, j’ai vu un coucou très gros, qui volait bas, je me suis demandé si ce n’était pas toi. Il fait encore vilain. Ton capitaine serait vraiment chic s’il était encore ce soir « aéronautique ». Mais je ne le pense pas, ça serait trop beau.

Aujourd’hui Dimanche, je reste là toute l’après-midi. J’ai une envie folle d’aller respirer l’air de Roissy. Ça serait beaucoup plus drôle que de rester enfermée. Enfin, j’ai promis de ne pas y aller, je tiens ma promesse.

J’ai reçu ce matin une carte de Suzanne qui me recommande de te dire de bien fermer la porte lorsque tu t’en vas de la cité Nys. Que tes parents n’ont pas confiance dans le personnel.

Tout le monde me charge de bien t’embrasser.

En espérant pouvoir m’acquitter de la commission de vive-voix bientôt, je te quitte mon tout petiot en t’envoyant les plus câlins baisers de ta petite gosse qui a de gros nénerfs !!!

Mino

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