Cela m’inquiète beaucoup

Le 6 Juin 1918,

Petit Loul Aimé, J’ai reçu hier soir ta mignonne lettre du 3. Je suis plus favorisée que toi, mon pauvre Loul. A présent, je crois que le service postal remarche régulièrement, aussi j’espère que tu va recevoir mes lettres. Pauvre Coco qui n’a plus de lettre de son bébé. Cela doit être bien dur ! Je vois avec peine que tu as toujours la maudite panne et que tu commences à en avoir assez. Je comprends ça, mon pauvre chéri. Il y a de quoi, moi cela m’ennuie beaucoup aussi de te savoir avec un aussi mauvais appareil. Je me fais encore plus de mauvais sang. Que vas-tu faire pour quitter ton escadrille ? Cela m’inquiète beaucoup. Quelle est ton intention ? Où penses-tu aller ? Dis- à moi, mon Loul ? Dis à ton bébé. Tu veux bien, n’est-ce pas ? Retourner à la 4 me paraît bien difficile. Alors ? Je voudrais bien savoir. Je n’ai toujours pas de réponse de Madame Fleuriel. Je me demande ce qu’elle pense ? Je te quitte bien vite mon petit Loul, car je suis très en retard pour le courrier. En espérant que tu es toujours en bonne santé, et que tu as enfin de mes nouvelles, je t’envoie mon chéri Aimé les plus douces tendresses de ta petite gosse qui pense bien à toi, Mino

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